Un soir comme les autres. Je débarrasse la table. Le téléphone sonne. Maman souris, heureuse d'entendre la voix d'une vieille amie. Mais son sourire c'est très vite effacé. Une nouvelle, voilà la raison de l'appel. J'ai pleuré, je suis montée, sans un mot, puis j'ai continué de pleuré. Puis ça c'est arrêté. Comme ça, je crois que j'y croyais pas. Je voulais pas. Je me suis assise et j'ai fermer les yeux. Pour me faire croire que je n'étais pas là, que j'étais caché. Fin de soirée, elle est montée dans ma chambre et ma dit que tu n'avais pas eu mal, que c'était à cause de tes excès de jeunesse. Elle pleurait, moi aussi.
Tu as été là pendant 5 ans, pendant 5 ans tu as été mon père, tu as été présent pendant 5 longues années avec des pleurs, des rires,des cris, des portes claquées, des câlins. Tu nous à rendu heureux, puis malheureux. Après un excès de trop, Maman n'a plus voulu que tu revienne. Elle a dit qu'il fallait qu'elle nous protège, Kylian & moi. Je ne t'ai plus revu.
Tu était l'amour de jeunesse de Maman, celui qui l'a rendu heureuse, puis malheureuse. Tu connaissais mon père, vous étiez tous amis, tous ensemble. Elle a pleuré tu sais, et ce soir elle pleure encore, comme moi.
Tu est parti, sans prévenir, sans dire au revoir, je savais même pas que tu étais malade. Personne ne nous a prévenu que tu étais malade, personne ne nous a prévenu qu'il y eu un traitement, personne ne nous a prévenu qu'il n'y avait pas d'amélioration, personne ne nous a dit que c'était fini. Juste un appel, le lendemain, mais c'était trop tard .. Déjà fini. Déjà parti. Comme quoi la vie ne tiens qu'à un fil. Il y a tellement de choses que j'aurais voulus te dire. Notamment que je te remercie. Pour tout.
Je pense à Éva, à ta fille. Elle à vraiment été courageuse à ce qu'il paraît. Sa nous a pas étonner avec Maman. J'aimerais pouvoir faire quelque chose pour elle. Mais y'a rien à faire contre ça. Juste à attendre que le sentiment de vide, de noir, de vertige, de tristesse qui nous plie en deux s'estompe, juste assez pour pouvoir se redresser sans oublier. Tellement honte de ne pas avoir eu le courage de monter les escaliers de ton immeuble, toutes ces fois. Tu m'a manqué toutes ces années, l'absence à former un vide. Peut-être plus grand aujourd'hui. Même surement.
Je l'ai pas dit a beaucoup de monde, juste à ceux que je jugeait apte à m'aider. Mais aucun n'a assuré. Aucun. Je parle. Y'a des "ah.." des "ok.." des " sa va aller " quand les larmes se faisait trop durs à ravaler. Mais c'est tout. Aucun vrai soutien, aucun vrai réconfort. Sauf une personne. Merci Mélody. Du fond du c½ur. Tellement mal.
Tellement débile d'écrire quelque chose à une personne tout en sachant qu'elle ne lira jamais cette chose. Mais ça aide. Sans commentaires.
Pourquoi j'encaisse tous les coups et toujours je me relève quand j'ai envie de m'effondrer ?